Les reformes entreprises depuis 2006 visant la gratuité de l’éducation primaire ont améliorées l’accès à l’éducation. Mieux, la construction de nouvelles écoles et l’instauration des cantines scolaires ont renforcé le taux de scolarisation et contribué au maintien des enfants. Par exemple, sur 10 zones de dénombrement parcourus au Bénin au cours de l’enquête Afrobarometer entre 2014 et 2024, neuf (09) disposent d’écoles primaires (publique ou privée). Ce qui traduit une bonne couverture au niveau national. Cependant, malgré les progrès accomplis en matière d’accès au cours des dernières décennies, de nombreux défis persistent.
D’après l’annuaire statistique 2022-2023 du Ministère des enseignements maternels et primaires (MEMP), il existe une répartition inégale d’utilisation des maîtres. Ce qui traduit l’utilisation efficace et efficience des enseignants pour l’enseignement en classe. Par exemple, un taux d’utilisation des maîtres de 1,10 dans l’Alibori, traduit une surcharge ou multi prise en charge des groupes pédagogiques. Un maître encadrerait plusieurs groupes pédagogiques. Les raisons possibles seraient la pénurie d’enseignants ou un redéploiement insuffisant de personnel avec pour conséquence la baisse de la qualité de l’enseignement. Un taux d’utilisation des maîtres égal à 1 dans la commune de Cobly par exemple, signifierait que chaque groupe pédagogique dispose d’un maître à temps plein. Par contre, un taux d’utilisation des maîtres égal à 0,95 dans la commune de Natitingou signifierait une sous-utilisation des maîtres. Des raisons probables sont dues au fait que les enseignants seraient affectés aux tâches administratives, l’inexistence des enseignants non titulaires de classes ou encore de faibles charges horaires. Il est donc recommandé de rééquilibrer la répartition des enseignants, de renforcer le recrutement là où la demande est plus forte, et d’accompagner les enseignants par des formations et un soutien pédagogique afin de garantir un apprentissage efficace pour tous les élèves.
Au-delà de la question des ressources humaines, le système éducatif reste confronté à d’autres défis majeurs, notamment l’insuffisante scolarisation des filles. Même si elles sont de plus en plus inscrites, les grossesses précoces conduisent à l’abandon. Entre 2022 et 2023, 484 cas de grossesse ont été enregistrés, soit 302 cas dans les écoles publiques et 182 dans les écoles privées, selon l’annuaire statistique. Le département de l’Atlantique est en tête avec 193 cas de grossesses.
D’après l’enquête « Apprendre en paix, éduquer sans violence » menée dans le département de la Donga auprès de 100 écoles primaires publiques, 44% des écoles sondées sont en bon état général. 84% des écoles disposent de latrines et seulement 2% possède une bibliothèque fonctionnelle.
Les progrès réalisés ne doivent donc pas masquer les urgences persistantes : meilleure répartition des enseignants, maintien des filles à l’école, amélioration des infrastructures. Investir dans l’éducation aujourd’hui, c’est sécuriser le développement humain et social du Bénin demain.