À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée chaque 8 mars, le monde entier met à l’honneur les luttes, les réalisations et les contributions des femmes dans tous les domaines de la société. Cette journée est à la fois un moment de célébration, mais aussi de réflexion sur les progrès accomplis et les défis qui restent à relever pour parvenir à une véritable égalité entre les femmes et les hommes.
Au Bénin, les derniers chiffres d’Afrobarometer révèlent une avancée majeure: les citoyens soutiennent majoritairement l’accès des femmes à la politique et à la santé reproductive. Un pas important vers une société plus juste !
En effet, sur le plan politique, 8 Béninois sur 10 estiment que les femmes sont tout aussi éligibles que les hommes à occuper des postes de responsabilité.
Un chiffre qui traduit une reconnaissance croissante de leur légitimité dans la sphère publique. Mais dans les faits, la réalité reste bien différente. On ne compte que 4 femmes maires sur les 77 communes du pays, et 28 femmes députées sur les 109 que compte l’Assemblée nationale. Un décalage qui montre que si les mentalités évoluent, la représentation des femmes dans les instances de décision reste encore limitée.
Au-delà de la participation politique, les opinions semblent également favorables aux droits reproductifs. La majorité considèrent que les contraceptifs doivent être accessibles à tous, peu importe l’âge ou le statut matrimonial.
L’éducation des filles bénéficie également d’un large soutien.
Plus de huit Béninois sur dix approuvent que les filles doivent poursuivre leurs études même si elles tombent enceintes ou ont des enfants.
Cela reflète une volonté de ne pas faire de la maternité un obstacle définitif à la scolarité.
Par ailleurs, plus de trois quart des répondants estiment que les écoles devraient enseigner l’éducation à la sexualité afin d’aider les jeunes à prendre des décisions éclairées.
La majorité des Béninois pensent aussi que les filles et les femmes doivent pouvoir décider elles-mêmes si et quand se marier, ainsi que du nombre d’enfants qu’elles souhaitent avoir.
Cependant, malgré ces avancées dans les perceptions, certains défis demeurent. S’agissant de l’emploi, 2 répondants sur 10 estiment que le principal obstacle des femmes réside dans le manque d’éducation ou de compétences.
Cela souligne l’importance de l’accès à une formation professionnelle et à des opportunités d’apprentissage dès le plus jeune âge.
Toutefois, d’autres facteurs apparaissent plus structurels : 20 % évoquent le manque de services de garde d’enfants, un facteur qui limite la capacité des femmes à travailler à temps plein ou à accéder à certains emplois. Tandis qu’une proportion similaire estime que les employeurs préfèrent embaucher des hommes.
Ces chiffres montrent une évolution claire des mentalités. Néanmoins, soutenir l’égalité en théorie ne suffit pas : il faut la concrétiser dans les écoles, l’emploi et la politique.
En ce 8 mars, le message est clair : l’égalité progresse… à nous de la rendre réelle !