À l’occasion de la Journée mondiale des ONG, célébrée chaque 27 février, l’attention se porte sur ces organisations qui œuvrent souvent dans l’ombre, mais dont l’impact est bien réel. Actrices du développement, de la solidarité et de la défense des droits, elles jouent un rôle clé dans l’amélioration des conditions de vie des populations. Au Bénin comme ailleurs, leur engagement quotidien contribue à combler les insuffisances des politiques publiques et à renforcer le lien social. Mais au-delà de leur rôle concret, qu’en pensent réellement les Béninois ? Les chiffres de l’enquête Afrobarometer apportent un éclairage intéressant.
Selon les données de l’enquête menée par Afrobarometer en 2024, une large majorité des citoyens déclarent faire confiance aux Organisations Non Gouvernementales. En effet, 84 % des personnes interrogées affirment leur faire confiance, contre 11 % qui déclarent n’avoir « pas du tout confiance ». Ces chiffres traduisent une image globalement positive des ONG au Bénin, même si une frange non négligeable de la population demeure sceptique.
Quant à la perception de la corruption au sein des ONG, les résultats révèlent un regard plus partagé. Si 17 % des citoyens estiment qu’aucune ONG n’est impliquée dans des pratiques corruptives, une majorité (57 %) pense que certaines le sont. Plus préoccupant encore, 21 % considèrent que la plupart, voire toutes, les ONG seraient concernées.
L’examen des données selon le milieu de résidence montre des perceptions relativement similaires entre zones urbaines et rurales. En milieu urbain, 17 % des répondants estiment qu’aucune ONG n’est impliquée dans la corruption, contre 16 % en milieu rural. La proportion de citoyens considérant que certaines ONG sont concernées est identique dans les deux espaces (57 %). La différence apparaît légèrement sur l’idée que la plupart ou toutes les ONG seraient touchées : 22 % en zone urbaine contre 20 % en zone rurale. Ces écarts modestes suggèrent que la perception de la corruption dans les ONG dépasse les clivages territoriaux. Autrement dit, le doute ne semble pas lié au lieu de résidence, mais à une appréciation plus globale du fonctionnement du secteur.
Ces données montrent que, malgré un niveau élevé de confiance globale, la question de la transparence demeure centrale. Au Bénin, cette perception suggère un enjeu majeur pour le secteur : renforcer les mécanismes de redevabilité afin de préserver la crédibilité acquise auprès des populations.